Baie de l'Enfer

Né d’un soir de solitude et d’une canette de bière, réveillé amnésique sur un port avec la gueule de bois. Truc classique de celui qui joue un personnage, il met un peu de lui, un soupçon de rêves, une cuiller d’imagination et sa schizophrénie ordinaire.

29 novembre 2006

Un soir


    Un soir
   

Un aigle descendit de ce ciel blanc d'archanges
      Et vous soutenez-moi
Laisserez-vous trembler longtemps toutes ces lampes
      Priez priez pour moi

La ville est métallique et c'est la seule étoile
      Noyée dans tes yeux bleus
Quand les tramways roulaient jaillissaient des feux pâles
      Sur des oiseaux galeux

Et tout ce qui tremblait dans tes yeux de mes songes
      Qu'un seul homme buvait
Sous les feux de gaz roux comme la fausse oronge
      O vêtue ton bras se lovait

Vois l'histrion tire la langue aux attentives
      Un fantôme s'est suicidé
L'apôtre au figuier pend et lentement salive
      Jouons donc cet amour aux dés

Des cloches aux sons clairs annonçaient ta naissance
            Vois
Les chemins sont fleuris et les palmes s'avancent
            Vers toi 

   
   

Guillaume Apollinaire
Alcools

   
   

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28 novembre 2006

Et Tud Goemon s’éloigna en shootant dans les bigorneaux collés aux galets de la rive

Et Tud Goemon s’éloigna en shootant dans les bigorneaux collés aux galets de la rive.
Il approchait de la maison noire, celle que des fous avaient peint avec le goudron comme celui qui poissa les oiseaux et empoisonna les poissons. Une fois surtout, et puis souvent depuis. Dans cette maison la musique ne sonnait plus comme autrefois quand le grand homme du nord l’habitait avec un nom à pas coucher dehors. Il y a moins d’invités aussi. Mais Tud Goemon s’en fichait des abrutis d’humains qui arpentaient la digue. Il entrait parfois dans la maison noire. C’était facile par les tuyauteries. Elles plongeaient jusqu’à la mer et même à marée basse et elles reliaient le bassin d’eau chauffée au deuxième sous-sol sous le jardin. Il avait bien essayé par la cheminée qui sortait de la pelouse. Mais la suie le faisait tousser. Alors il entrait par la tuyauterie et plongeait dans l’eau chauffée de la piscine du deuxième sous-sol. Et là il se rappelait la musique qu’on entendait avant, dans cette maison noire, tout en haut presque au plafond, quand les gens qui venaient ici, venaient pour la musique.

   
   

maison_noire

   
   

Mais Tud Goemon ne s’arrêta pas devant la maison noire. Il continua en shootant dans les bigorneaux. Ses grandes nattes de goemon collées par paquets se balançaient comme portées par les vagues entre les rochers quand la mer monte. Il secouait la tête. Non, je n’ai pas envie de la revoir. Mais je dois lui parler. Je vais le dire à maman d’abord. Elle, elle saura lui parler. Peut-être.

 

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27 novembre 2006

brume

   
   
   
brume_03
   
   
   

Je ne cherche pas
tu es là
qui m’emprisonnes de ta présence inévitable
comme une brume froide
quand le vent d’est ne se lève pas
mes épaules se font lourdes j’ai la nuque glacée
ta voix habite mes songes
mais puisque ment le songe
et qu’il n’a aucune forme

je m’endors

mort

   

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24 novembre 2006

hors cadre

   

      
grille
   
   

s'en griller une
   
   

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20 novembre 2006

les traces de l'eau

   
   
   
traces_de_leau
   
   
 
   

Posté par Gigianni à 22:39 - être à part - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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