22 février 2006
J’irai, loin des murs de marbre
J’irai, loin des murs de marbre,
Tant que je pourrai marcher,
Fraterniser avec l’arbre,
La fauvette et le rocher.
Victor Hugo, Les chansons des rues et des bois
20 février 2006
Battement
Pas d’aile, pas d’oiseau, pas de vent, mais la nuit,
Rien que le battement d’une absence de bruit.
Guillevic, Sphère
19 février 2006
J’aime mieux encore souffrir que d’être consolé
« Esclaves d’une loi fatale,
Sachons taire les mots soufferts.
Pourquoi veux-tu donc que j’étale
La meurtrissure de mes fers ?
Aux yeux que la misère effraie
Qu’importe ma secrète plaie ?
Passez, je dois vivre esseulé ;
Vos voix ne sont qu’un bruit sonore ;
Passez tous ! j’aime mieux encore
Souffrir, que d’être consolé !
Victor Hugo, Odes
18 février 2006
Destinée
Pense à la substance qui forme le tout et dont tu as reçu une parcelle ; à la durée toute entière, dont un court et imperceptible intervalle t’a été attribué ; et à la destinée, où tu as ta place, toute petite.
Marc Aurèle, Livre V
16 février 2006
Je suis un fou
Je suis un fou qui semble un sage.
J’emplis assis dans le printemps,
Du grand trouble du paysage
Mes yeux vaguement éclatants
Victor Hugo, Les chansons des rues et des bois
Je reste seul à me consumer dans le noir
Sol io ardendo all’ombra mi rimango,
Quand’el sol de’suo razzi el mondo spoglia :
Ogni
altro per piacere, e io per doglia,
Prostato in terra, mi lamento e piango
Je reste seul à me consumer dans le noir
Quand le soleil dérobe au monde sa lumière.
D’autres, c’est par plaisir qu’ils s’étendent à terre,
Moi, c’est dans mon malheur pour gémir et pleurer.
Michelangelo Buonarotti, quatrain et sculpture







