Baie de l'Enfer

16 janvier 2009

L'Irréparable

Pouvons-nous étouffer le vieux, le long Remords,
Qui vit, s'agite et se tortille
Et se nourrit de nous comme le ver des morts,
Comme du chêne la chenille?
Pouvons-nous étouffer l'implacable Remords?

Dans quel philtre, dans quel vin, dans quelle tisane,
Noierons-nous ce vieil ennemi,
Destructeur et gourmand comme la courtisane,
Patient comme la fourmi?
Dans quel philtre? dans quel vin? dans quelle tisane?

Dis-le, belle sorcière, oh! dis, si tu le sais,
A cet esprit comblé d'angoisse
Et pareil au mourant qu'écrasent les blessés,
Que le sabot du cheval froisse,
Dis-le, belle sorcière, oh! dis, si tu le sais,

A cet agonisant que le loup déjà flaire
Et que surveille le corbeau,
A ce soldat brisé! s'il faut qu'il désespère
D'avoir sa croix et son tombeau;
Ce pauvre agonisant que déjà le loup flaire!

Peut-on illuminer un ciel bourbeux et noir?
Peut-on déchirer des ténèbres
Plus denses que la poix, sans matin et sans soir,
Sans astres, sans éclairs funèbres?
Peut-on illuminer un ciel bourbeux et noir?

L'Espérance qui brille aux carreaux de l'Auberge
Est soufflée, est morte à jamais!
Sans lune et sans rayons, trouver où l'on héberge
Les martyrs d'un chemin mauvais!
Le Diable a tout éteint aux carreaux de l'Auberge!

Adorable sorcière, aimes-tu les damnés?
Dis, connais-tu l'irrémissible?
Connais-tu le Remords, aux traits empoisonnés,
A qui notre coeur sert de cible?
Adorable sorcière, aimes-tu les damnés?

L'Irréparable ronge avec sa dent maudite
Notre âme, piteux monument,
Et souvent il attaque ainsi que le termite,
Par la base le bâtiment.
L'Irréparable ronge avec sa dent maudite!

J'ai vu parfois, au fond d'un théâtre banal
Qu'enflammait l'orchestre sonore,
Une fée allumer dans un ciel infernal
Une miraculeuse aurore;
J'ai vu parfois au fond d'un théâtre banal

Un être, qui n'était que lumière, or et gaze,
Terrasser l'énorme Satan;
Mais mon coeur, que jamais ne visite l'extase,
Est un théâtre où l'on attend
Toujours, toujours en vain, l'Etre aux ailes de gaze!

   
   

Charles Baudelaires, Les Fleurs du Mal

   

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16 mai 2008

MUSE Feeling Good

   
   
   



   

   
   
   



   

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15 mai 2008

par une nuit d'orage

John redescendit d'un pas léger que Nessy n'entendit pas approcher. Il posa une couverture sur le dossier d'un divan. Puis il s'approcha d'elle, souleva délicatement sa robe trempée et l'enleva sans plus de manière. Il lui défit les sandales et retira également ses sous-vêtements puis l'enveloppa dans la couverture en ayant soin de soulever sa lourde chevelure par-dessus le tissu de laine. Il s'éclipsa de nouveau.

L'orage faisait battre un volet sur la terrasse, la maison gémissait sous les assauts du vent. L'ombre bataillait contre la lumière et le jour qui pénétrait dans la salle, naviguait sur les murs, emporté en vagues par le courant des éclairs et du volet battant. Nessy repoussa les lourds rideaux qui obturaient deux autres grandes fenêtres, côté rue. La pluie fouetta les carreaux, Nessy éternua et resserra la couverture sur ses épaules.

Les yeux de la jeune femme déchiffraient le décor de la pièce. Une imposante cheminée ornée de stucs baroques occupait le mur à sa droite. Deux grandes armoires aux portes vitrées s'appuyaient à celui de gauche et encadraient une large ouverture sur une petite pièce où John avait disparu. Deux divans, quelques fauteuils et une table basse meublaient le centre de la salle. Un secrétaire en bois précieux et des consoles, guéridons et vitrines achevait d'investir l'espace le long des murs. Pas un tableau ne donnait d'indication sur les anciens habitants des lieux. Des marines, des paysages romantiques, des perspectives de villes, quelques natures mortes, mais aucun portrait.

John apparut sur la terrasse, il poussa le volet du pied et le bloqua d'une main car l'autre bras était chargé de bois. Il provoqua un courant d'air en entrant qui fit claquer une porte quelque part. Il s'ébroua tel un gros chien et déposa ses bûches dans la cheminée. Nessy admira la dextérité de l'homme à allumer le feu. Des grandes flammes jaillirent rapidement entre ses doigts. Il vint vers Nessy, prit la couverture et l'étendit à terre. Il plongea le regard dans l'abîme vert des yeux de la vouivre. Il posa la main sur sa hanche et l'attira contre lui. Elle répondit à son désir.

Comme de vieux amants qui se retrouvent après une longue absence, comme un soldat, comme une femme de marin, comme si chacun reconnaissait l'autre, comme si chaque geste de l'un appelait une caresse attendue, l'inconnue et l'égaré s'aimèrent par une nuit d'orage dans la maison abandonnée.

 

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La chevelure

   

   
chevelure



Ô toison, moutonnant jusque sur l'encolure !
Ô boucles ! Ô parfum chargé de nonchaloir !
Extase ! Pour peupler ce soir l'alcôve obscure
Des souvenirs dormant dans cette chevelure,
Je la veux agiter dans l'air comme un mouchoir !

La langoureuse Asie et la brûlante Afrique,
Tout un monde lointain, absent, presque défunt,
Vit dans tes profondeurs, forêt aromatique !
Comme d'autres esprits voguent sur la musique,
Le mien, ô mon amour ! nage sur ton parfum.

J'irai là-bas où l'arbre et l'homme, pleins de sève,
Se pâment longuement sous l'ardeur des climats ;
Fortes tresses, soyez la houle qui m'enlève !
Tu contiens, mer d'ébène, un éblouissant rêve
De voiles, de rameurs, de flammes et de mâts :

Un port retentissant où mon âme peut boire
A grands flots le parfum, le son et la couleur ;
Où les vaisseaux, glissant dans l'or et dans la moire,
Ouvrent leurs vastes bras pour embrasser la gloire
D'un ciel pur où frémit l'éternelle chaleur.

Je plongerai ma tête amoureuse d'ivresse
Dans ce noir océan où l'autre est enfermé ;
Et mon esprit subtil que le roulis caresse
Saura vous retrouver, ô féconde paresse,
Infinis bercements du loisir embaumé !

Cheveux bleus, pavillon de ténèbres tendues,
Vous me rendez l'azur du ciel immense et rond ;
Sur les bords duvetés de vos mèches tordues
Je m'enivre ardemment des senteurs confondues
De l'huile de coco, du musc et du goudron.

Longtemps ! toujours ! ma main dans ta crinière lourde
Sèmera le rubis, la perle et le saphir,
Afin qu'à mon désir tu ne sois jamais sourde !
N'es-tu pas l'oasis où je rêve, et la gourde
Où je hume à longs traits le vin du souvenir ?

 
   

Charles Baudelaire - Les Fleurs du Mal

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L'homme marchait

L'homme marchait à grandes enjambées rapides au rythme d'un standard de Charlie Parker. Billie's Bounce n'était facile à siffloter et Nessy, qui était au moins aussi sourde que John au jazz, crut qu'il était amateur de sax ou même qu'il en jouait peut-être. Elle peinait à le suivre et s'essoufflait, toujours accrochée à son bras. La rue grimpait du port vers un plateau où s'étendaient les quartiers huppés de la ville. D'autant que l'air s'alourdissairt d'un orage imminent. Depuis toujours, il semblait que le ciel s'accordait à l'humeur de Nessy et qu'il s'efforçait d'arroser les instants à mémoriser. Il marmonait gravement, tout près d'eux, menaçant. L'éclair flécha soudain le ciel à trois pâtés de maisons. Le cumulonimbus creva lorsqu'ils débouchèrent sur l'avenue. De grosses gouttes s'écrasèrent sur leurs épaules et rebondirent sous leur pieds. En quelques secondes chemise et robe furent trempés. Nessy perçut l'odeur épicée de la peau chaude de John à travers le tissu humide et frissona. Ses pas étaient gênés par le tissu de la robe qui se plaquait sur ses cuisses. Sa chevelure reprit sous la pluie l'apparence lourde d'un bouquet d'algues rouge sombre pailleté de mica qui collait sur son dos. "On arrive" jeta-t-il.

Puis John stoppa devant l'entrée d'une haute demeure de l'avenue. Il poussa le grinçant portail de fer forgé sur le jardinet qui séparait la maison du trottoir. En réalité, ce qui devait être un jardinet autrefois était terriblement embroussaillé de ronces et d'orties. Nessy sautilla par-dessus les herbes folles et les piquants jusqu'aux marches du perron qu'elle grimpa quatre à quatre pour s'abriter sous le porche. La porte n'était pas fermée, il s'effaça pour la laisser entrer. "Il n'y a pas d'eau chaude" dit-il en s'échappant derrière une cloison. Nessy l'entendit monter un escalier. Deux hautes fenêtres éclairaient à peine la pièce obscure. Eclairs et tonnerre qui se battaient dehors, baignaient cet antre d'une ambiance inquiétante. Mais Nessy se sentit bien. Etrangement bien.

 

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Les sandales rouges

   
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Les sandales rouges aux pieds dorés claquent sur le pavé gris de la ville.

Où va le temps quand il passe ?

   

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09 décembre 2007

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30 août 2007

Une histoire de deux familles sur deux rivières

L’histoire de la famille Ar Gall s’écrit sur trois des quatres berges de deux rivières. L’une des rivières, le Jaudy qui baigne le port de Landreger, est grise et bleue et l’autre rivière, le Trieux est verte et parfois grise. En réalité ces rivières sont de véritables fleuves, naissant sur les monts et se jetant en mer après avoir été rejoints par maints affluents. Mais en Bretagne, les fleuves sont étroits et courts, seuls leurs estuaires, les abers comme on dit par ici, ou les « rias » quand on se veut lettré, sont larges et profonds. Enfin, surtout à marée haute. A marée basse, ce ne sont que des filets d’eau courant au milieu d’immenses vasières. Alors on appelle ces fleuves « rivières ». Par modestie peut être.
Les deux fleuves, appelés « rivières » ont formé entre eux avec les siècles et les Courants une jetée formée de galets qui s’allonge de plusieurs kilomètres en pleine mer, au bout de la Presqu’île Sauvage. Certains racontent une fable amusante à ce sujet pour amuser les touristes. La fée Morgane, qui règne sur l’Île d’Avallon aurait lancé ces galets à la mer pour rejoindre son époux et frère Arthur qui passait sur le rivage. Mais chacun sait que Morgane n’a pas besoin d’un gué pour rejoindre la terre, il lui suffit de le vouloir. Et de toute façon Avallon est un peu plus à l’ouest. Ce sont bien entendu les Tud Vor, appelés aussi Courants ou Morriganed, d’où la confusion avec la fée Morgane, autrement dit les Korrigans des mers qui ont poussé et roulé avec toute la détermination et l’obstination qu’on leur connaît, ces galets un par un pendant des millénaires, à l’échelle du temps humain, pour former ce sillon dans la mer, le Sillon de Talber.
Les Ar Gall étaient forts et puissants comme l’indique leur nom. Ou plutôt, ils avaient ce besoin de le faire croire à quiconque aurait pu s’imaginer égal à l’un d’entre eux. Bien moins nombreux aujourd’hui et dispersés sur la Bretagne et plus loin sans doute, ils n’ont pas changé. Dès lors qu’on a croisé le regard d’un Ar Gall, il ne vient plus à l’esprit de personne de les contrarier à ce sujet. Ils sont forts, intelligents, libres et différents. C’est ainsi qu’ils se voient et qu’ils veulent qu’on les regarde. Des gens d’un autre monde. D’ailleurs ils habitaient l’Enfer autrefois. Leur histoire se mêle à la terre et aux pierres des trois rives. Maçons et paysans, ils ont façonné à leur idée plusieurs hectares et quelques murs alentours.
Mais la vase noire de la Baie de l’Enfer doit bien cacher d’autres mystères. Elle est ancrée sur la rive ouest du Jaudy. En face un petit hâvre s’appelle Port Béni et un autre situé un peu plus loin sur la presqu’île est nommé Port-La-Chaine. Jolis noms en vérité ! Le premier de ces deux ports a-t-il gagné son nom, comme le raconte Monsieur le curé, en recevant les premiers pas de saint Maudez, le moine irlandais qui a tenté d’évangéliser les indigènes ? Le saint homme s’est peu après sagement réfugié sur une île voisine à l’embouchure du Trieux qui, elle, porte bien son nom. Si vous passez par là, je vous souhaite sincèrement de venir au Port Béni par la terre à moins d’être né sur ces rivages et d’avoir navigué dans ces eaux depuis votre plus jeune âge. Ce très beau paysage à marée haute découvre, quand la mer descend, la plus belle collection de brise-coques jamais vue, sauf dans le Ferlaz peut-être. Port Béni a-t-il plus exactement gagné son nom en offrant aux habitants de la petite ville, le plou bihan ou Pleubian comme on l’appelle, l’assurance de revenus offerts régulièrement par la mer charitable en tempêtes généreuses ? Certainement. Quant au deuxième, Port-La-Chaîne, aucune chaîne en fer ni dans aucun autre métal, ne l’aura baptisé, comme chacun s’en doute à présent. Ni amarre, ni bijou, cette chaîne-là est celle que bâtissent les bras d’une communauté pour rapporter le butin dans les chaumières, évidemment !
Contournons, si le vent le veut bien, si les courants l’acceptent et si nous les suivons, le Sillon de Talber. Laissons là l’Île Maudez et l’Archipel de Bréhat, intéressants, certes, mais pas dans l’immédiat. Pénétrons le Trieux, contournons l’Île à Bois. Une petite baie est si plaisante qu’on l’a nommée la Baie du Paradis. Elle est située sur la rive ouest  du Trieux, tout près d’une autre baie qui cache les ruines d’un moulin à marée, le moulin de Coat Mer. C’est là qu’est décédé le dernier propriétaire du moulin, un homme de la famille Bourgès qui compte de nombreux artisans de la Presqu’île Sauvage. Des maçons également, comme les Ar Gall et ils possédaient des fermes et des terres aussi sur la presqu’île entre les deux rivières. Pas étonnant qu’un Ar Gall ait fini par épouser une Bourgès, ça devait arriver à s’occuper ainsi de la terre et des pierres du même pays, c’est même peut-être arrivé plusieurs fois. A moins que ce soit une Ar Gall qui ait épousé un Bourgès, allez savoir ?
Toujours est-il que ces deux familles ayant fréquenté depuis toujours les abers des deux rivières qui abritent les Tud Vor, un grand nombre de leurs enfants furent bercés par les mères korriganes aux chants mélancoliques. Ce qui explique que nombre d’entre eux n’a jamais pu se résoudre à quitter ces rivages enchanteurs et se persuade encore aujourd’hui, alors que chacun peut courir le Monde à sa guise, qu’ils sont les plus beaux du Monde connu, et de l’Autre aussi peut-être.

   
Kerliz3mer

   

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09 août 2007

Noir comme la mer

   
   
loaven_n_b

 


 

Tout ce que je puis te dire

A cause de tant de murs,

Tout cela qui s’accumule

Autour de nous dans la nuit,

Il faudra bien que tu l’entendes

Lorsqu’il ne restera de moi

Que moi-même, à tes yeux cachés.

Tout ce que je puis te dire

Et que tu repousses dans l’ombre

A force de trop désirer,

Cet amour noir comme la mer

Où venaient mourir des étoiles

Et ce sillage de lumière

Que je suivais sur ton visage,

Tout ce qu’autrefois nous taisions

Mais qui criait dans le silence,

Tout ce que je n’ai pu te dire

Le sauras-tu, sur l’autre bord,

Quand nous dormirons bouche à bouche

Dans l’éternité sans paroles ?



Louis Guillaume
Poètes de Bretagne, Anthologie, Charles Le Quintrec

 

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15 février 2007

Ivresse

      

   

enfer
   

   

 

Enivrez-vous

II faut être toujours ivre. Tout est là c’est l’unique question. Pour ne pas sentir l’horrible fardeau du Temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.
Mais de quoi ? De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous.
Et si quelquefois, sur les marches d’un palais, sur l’herbe verte d’un fossé, dans la solitude morne de votre chambre, vous vous réveillez, l’ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l’étoile, à l’oiseau, à l’horloge, à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui, chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est; et le vent, la vague, l’étoile, l’oiseau, l’horloge, vous répondront «II est l’heure de s’enivrer ! Pour n'être pas les esclaves martyrisés du Temps, enivrez-vous ; enivrez-vous sans cesse ! De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise.
   
   

BAUDELAIRE - Petits Poèmes en Prose
   

   

   

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14 février 2007

série marine 2

 

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passe et revient le voile blanc d'écume sur la peau de sable rouge d'Etel

loin vers l'ouest volent mes rêves oubliés

 

 

 

 

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27 janvier 2007

une bonne année pour GREEN IS BEAUTIFUL !

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Laure Maud, Jacques-Olivier Barthes, Katelia, Stéphanie Vialfont, Nikita Design, Loic Fel, Matthieu Dortomb, Arnaud Legrand, Chris Lucas.
      

GREEN IS BEAUTIFUL®
est un collectif d’artistes, de chercheurs et de professionnels de la communication environnementalistes, ayant pour vocation de promouvoir un développement humain plus responsable, reposant sur un mode de vie soutenable respectueux des ressources naturelles et de la personne humaine.
      
      
Par ailleurs, nous pouvons dès maintenant vous accompagner dans vos projets au travers des compétences que le collectif développe : Photographie, illustration, graphisme, web design et web development, conseils en éco-communication et bio-esthétique.
      

      
contact : laure maud - 06 11 31 83 09
laure.maud@green-is-beautiful.com
http://www.green-is-beautiful.com.fr

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03 janvier 2007

découverte d'Ancient Lands

Sur les conseils de Yoald Penokea, je viens de passer un agréable moment de découverte d'Ancient Lands avec ma cousine Meluzine. Déconseillé aux âmes sensibles !

Second Life
SIM : Ancient Lands (136, 16, 24)

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un ponton accueillant, un magnifique vieux navire

 

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un trésor ?

 

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quelques frayeurs

 

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Meluzine Biziou

   

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la sorcellerie de poudlard

 

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des paysages fabuleux

 

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d' étranges lieux

   mais une fin lamentable

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dans la salle des tortures

 

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02 janvier 2007

série marine (suite)

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j'exagère
les huîtres dégustées à même le rocher
réveillent mon instinct carnassier
de vieux loup
de mer

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01 janvier 2007

série marine

 

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31 décembre 2006

Lascaux en attendant Bilal

imaginez qu'un type talentueux comme Bilal vienne s'amuser sur Second Life
ou d'autres
en attendant, j'ai visité les "Lascaux Caves", une libre interprétation sur thème de grottes ornées de peintures préhistoriques
grâce à la lecture d'un article de Yoald Penokea, photographe de Second Life

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ma prochaine visite sera Acropolis, sur les conseils de Wangxiang Tuxing

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28 décembre 2006

Fanny, avec ton prénom à aimer un marin, pourquoi attachais-tu le tien

 

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Avais-tu peur que l’oiseau ne couche dans un autre lit ? Les liens que tu aurais dû tricoter n’étaient-ils pas sortis de tes doigts ? Crois-tu que ton homme aurait filé boire l’oubli de ton visage et de ta peau dans la couleur des alcools de comptoir ? Il n’aurait jamais pris un bateau en tous cas, les hommes de ma famille ne quittaient pas la pierre ni la terre qu’ils façonnaient à leur façon. Maintenant, peut être qu'ils partiraient, rien n’est plus aussi attachant. On quitte, on laisse plus facilement. D'ailleurs ils ne sont plus là.

 

 

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Ce talus a-t-il été monté de ses mains, aidé de ses cousins, qui sont aussi les miens, mais on l’est tous, dit-on par ici. Seulement toi, Fanny, tu portes mon nom. Les pierres du talus retenaient les terres qui nourrissaient tes vaches et tes gamins et qui auraient coulées à la mer à la première tempête. C’est toi qui les avaient plantés d’ajoncs, de genêts et de prunelliers, ou lui encore, qui sait, parce que ça pique.

 

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Et pour aller chez toi passais-tu jupes relevées, boutou coat à la main ou faisais-tu la fière à attendre que la marée te laisse un gué. Tu devais relever tes jupes car tu n’aurais pas manqué la messe un dimanche sur deux. Ou bien ton homme te menait-il en barque à grands coups de godille. Je le croirais assez bien, les hommes de chez moi sont bien plus fiers. Trop, sûrement, ça les tuent encore. C'est une route qui vient chez toi aujourd'hui. Avec un semblant de parking et l'électricité.

 

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Cette maison était bien fière aussi, dressée sur le rocher de la Pointe du Palud loin de la Baie de l’Enfer. Enfin, pas si loin, mais on ne la voit plus de chez toi. On surveille la rivière, on scrute l’horizon derrière l’île d’Er. Alors c’était pour ça peut être que ton mari était ficelé au lit de fer. Pour qu’il n’aille pas en Enfer ? Car le curé l’a dit, comme celui d’Ouessant dans le livre de Queffelec. Il ne faut pas attendre la tempête au loin derrière l’île d’Er. Il ne faut pas sortir le soir quand l’orage claque sur le toit de ta maison, Fanny. Tiens ton bonhomme en laisse qu’il n’aille pas courir fortune de mer, ou l’Ankou le mènera en Enfer.

 

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Cette histoire me plairait bien, mais les pagans sont plus à l’ouest, au pays léonard. Nous ici on ne dit rien, les hommes sont des taiseux. On jette les phrases en l’air et tant mieux qui comprendra. On ne dit pas Landreguer. On balance un ‘ndreguer et ça nous fait Tréguier pour les Français. Non, le Trégor, n’est pas la côte au trésor. Il y a juste un Port-la-Chaîne en face et un Port-Béni aussi. Mais ta maison, Fanny, est un coffre aux merveilles. Calder aimait venir respirer son air et surveiller l’île d’Er de la grande verrière mal construite au derrière.

 

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Ton homme s'est pendu, Fanny. L'Enfer, il est pour Qui ?

 

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27 décembre 2006

John sifflait cet air en marchant dans la rue, la fille encore accrochée à son bras

   
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Pourquoi John siffait-il cet air en marchant dans la rue, la fille encore accrochée à son bras. Il savait que c’était un air de jazz appris par cœur pour épater un ami. Mais le nom de l’ami, le nom du morceau et la raison pour laquelle ce truc s’imposait malgré lui à ses lèvres ne franchissaient pas la barrière de brume qui enfermait sa cervelle malade. Charlie Parker, mais le nom du morceau ? Et pourquoi ce Charlie, il aurait pu siffler un air de Charlie Christian ou Charlie Mingus, plus en rapport avec cette fille ou mieux assortie à cette rue en pente qui les remontaient du port ? Il s’en foutait. Ce devait être un air de Charlie Parker, et celui-là justement parce que il était infredonnable par un sourd au jazz. John détestait le jazz.

Lui revint en mémoire le concert affreux de ce pianiste virtuose qui s’acharna toute une soirée à transporter dans un trip perso le public qui avait payé très cher son entrée. Après des entrées rapides sur des thèmes très connus, il déblatérait de longues, d’épuisantes élucubrations grotesques et personnelles dénuées de sens, compliquées à l’extrème et totalement insupportables pour des oreilles ordinaires. Quand revenait enfin après mille baillements retenus le thème du départ, c’était hélas l’annonce d’un nouveau morceau appelé par de frénétiques applaudissements assurément complaisants. Comment pouvait-il en être autrement ? Ces gens étaient-ils tous fous à lier ? Non. On le lui avait répété assidûment, c’était lui, John qui était sourd, définitivement sourd au jazz.

Seulement John sifflait cet air en marchant dans la rue, la fille encore accrochée à son bras en remontant la rue qui les éloignaient du port. Alors une scène s’éclaira au fond de l’écran de sa mémoire sombre. Elle l’avait traîné dans une boîte de jazz, un caveau sous la ville excitée pour taper du pied et secouer le menton d’un air entendu. Lui n’entendait pas ces airs, mais il la voulait, elle, et voulait lui plaire. Alors il s’est accoudé au piano avec un Cuba libre à la main et l’a regardée. Elle ne dansait pas, non, comme les autres venus au fond de ce trou. Elle écoutait gravement avec un sourire figé sur les joues et son pied tapait le sol et sa main la cuisse d’un air entendu. John en fut agacé et regarda le pianiste que tout le monde écoutait. C’était un bel homme immense avec cinq phalanges à chaque doigt qui couraient en tous sens sur le clavier. John aima la ferveur de cet homme avec sa sueur sur le front. Il distinguait à peine le mouvement des phalanges tellement elles allaient vite. Il regarda les épaules et lu les heures d’acharnement, il regarda la mèche blanche qui se noyait dans le gris des cheveux, il vit les douleurs aux articulations de ce géant poussé trop vite quand il était môme et mal nourri. Et la musique, cette fois entra dans ses oreilles. Il ne tapa pas du pied, ne secoua pas le menton. Il écouta. Cette fois.

Alors pourquoi John sifflait-il un air de Charlie Parker en remontant la rue du Port une fille au bras. Pour se prouver qu’il aurait pu ne pas être sourd si le jazz était entré au bon moment et par la bonne porte. Peut être. Allez savoir.

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22 décembre 2006

une échappée de fin d'année sur Second Life

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John est Gianni Biziou sur Second Life

 

Je n'ai pas résisté longtemps à la nouvelle destination à la mode pour les voyages,
Nessy m'a convaincu d'aller faire un tour sur Second Life pour prendre un peu de couleur

   
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Gianni Biziou sur la plage du "007 Casino Royale" sur l'île Desire !


Si vous voulez me trouver, sachez que j'ai pris mon petit nom, Gianni, et Biziou comme nom de famille
   

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08 décembre 2006

Le moins qu’on pouvait demander à une sculpture, c’est de ne pas bouger

Mai 1956

le 12

La critique est une chose sublime. Elle est digne seulement des génies. Le seul homme qui pouvait écrire un pamphlet sur la critique, c’était moi, parce que je suis l’inventeur de la méthode paranoïa-critique. Et je l’ai fait. Mais là encore, comme pour ce journal, comme pour ma Vie secrète, je n’ai pas tout dit, et j’ai pris soin de garder en réserve des pommes pourries grenades explosives et si, par exemple, on me demande quel est l’être le plus médiocre qui ait jamais exosté, je dirais Christian Zervos. Si on me dit que les couleurs de Matisse sont complémentaires, je répondrais qu’en effet elles ne cessent pas de se faire autre chose que des compliments. Et puis je répéterais encore qu’il serait peut être bien de faire un peu attention à la peinture abstraite. A force de devenir abstraite, sa valeur monétaire aussi deviendra très prochainement abstraite. Il y a une gradation dans le malheur de la peinture non figurative : il y a l’art abstrait qui a l’air si triste ; puis ce qui est plus triste encore c’est un peintre abstrait ; la tristesse s’aggrave de malheur quand on se trouve en face d’un amateur de peinture abstraite ; mais il y a pire encore et plus sinistre : être critique et expert de peinture abstraite. Parfois, il arrive une chose ahurissante : toute la critique est unanime pour affirmer que quelque chose est très bon ou très mauvais. Alors, on peut être sûr que tout cela est faux ! Il faut être le dernier des plus secs crétns pour affirmer que si les cheveux blanchissent, il est bien normal que les papiers collés jaunissent, eux.

J’ai intitulé mon pamphlet : Les cocus du vieil art moderne mais je n’y ai pas dit que les cocus les moins magnifiques de tous sont les dadaïstes. Vieillis, les cheveux blancs, mais toujours d’un anti-conformisme extrême, ils aiment à la folie recevoir d’une biennale quelconque une médaille d’or, pour une œuvre fabriquée avec la plus grande volonté de déplaire à tout le monde. Il y a tout de même des cocus moins magnifiques si possible que ces vieillards, ce sont les cocus qui donnèrent le prix de sculpture à Calder. Ce dernier n’a même pas été dadaïste, mais tous l’ont cru, et personne n’a pensé à lui dire que le moins qu’on pouvait demander à une sculpture, c’est de ne pas bouger !

Salvador Dali
Journal d’un génie

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